Le Génépi et l’Argousier

9 novembre 2018 Commenti disabilitati su Le Génépi et l’Argousier

ob_7761ac_reviati-stickerUne histoire d’enfance, de copains, d’aventures, d’école buissonnière, de désirs, de bagarres, de virées… une histoire dans la grande Histoire, d’un pays, d’un peuple, de sa rencontre avec l’altérité, les nomades, les mendiants, les pauvres, les gitans…

Une histoire dessinée, un vrai roman naturaliste, comme un film italien des années 50, du néoréalisme plein les traits noirs, vivants, simples, dynamiques, généreux, comme crachés trois fois sur le papier !

Guido, Grisou, Kantango, Loretta sont les enfants, les autres, ceux qui ne font pas partis de la bande, ceux qui sont trop vieux, offrent la trame d’un paysage romanesque et naturaliste.

Davide Reviati dresse un formidable portrait de cet âge trouble et vacillant qu’est ce moment où l’on quitte l’enfance, tout en refusant encore d’entrer dans le monde adulte. Ce temps où justement le temps est suspendu, comme arrêté mais qui se vit à toute vitesse, percutant les certitudes, refusant les conformismes et pourtant singeant à s’y piquer les plus mauvais travers des adultes.

Racisme, amitié, trahison, impertinence sont les ressorts d’un âge et de la vie. Les Roms, ces éternels parias de nos sociétés égoistes, toujours éloignés et pourtant si présents, sont le fil rouge des aventures de Guido, Grisou et Katango. Loretta envie ses jeunes et leur fait peur : eux qui naviguent entre leurs sentiments troublés par leur sens et les représentations sociales parfois trop fortes !

11 Octobre 2018 , Rédigé par Jean-François

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Coup de coeur

28 settembre 2018 Commenti disabilitati su Coup de coeur

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Crache trois fois est une œuvre fleuve. Un roman graphique de toute beauté, épais livre cartonné de plus de 560 pages, sur le thème des souvenirs d’adolescence. Mais pas que.
Franck Guigue

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Un récit qui marque

10 maggio 2018 Commenti disabilitati su Un récit qui marque

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Crache trois fois – Davide Reviati (Ici Même)

Un village italien, des gamins qui ont poussé au gré de leurs trouvailles, sont devenus une bande de potes qui ont tout partagé ou presque. Et Loretta, la fille de gitans, qui n’est jamais loin mais pas tout à fait là, qui intrigue et fout la trouille, et dont on se moque pour mieux se protéger.

Crache trois fois, un titre qui évoque l’enfance, l’adolescence, le défi, les superstitions aussi, les légendes urbaines, tout comme celles qui entourent le peuple rom. Car c’est aussi l’histoire de l’installation d’un campement tsigane qui fait jaser, la vie à l’écart qui pose question, la ruralité qui exacerbe, la promiscuité qui dit tout, qui resserre les liens et isole en même temps, fait courir les bruits, les disloque, les accusations devant des évidences discutables, la méconnaissance qui noie toute clairvoyance. Davide Reviati décrit ainsi très justement les émotions, les ressentis, les premiers émois, les questionnements, le positionnement vis-à-vis des autres, les différences, la méfiance qui s’instaure, la fascination, la violence, la fragilité.

Davide Reviati signe un roman graphique très fort dans lequel il passe au peigne fin le rapport à la différence et le racisme ordinaire qui en découle trop souvent. En partant d’un récit d’apprentissage, à travers l’histoire de ces enfants devenus presque adultes, il vise plus loin en dessinant l’histoire du peuple rom, remémorant le sort des tsiganes durant la seconde guerre, et dressant un portrait en biais de l’Italie à cette période avec ses 200 camps de concentration.
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Les récits s’entrecroisent
, replacent des questions universelles, recontextualisent la question rom en évoquant notamment le rapport au nomadisme dans le prisme des sédentaires.

C’est un épais roman graphique, car Davide Reviati prend le temps de poser les choses et les personnages. Il fait des aller-retours, comme autant de témoignages, du temps qui passe, de l’homme qui se construit et se déconstruit, de réflexions sur ce qui se dessine au fil des pages. Un dessin en noir et blanc avec beaucoup d’ombrages, où il accentue les contours, les silhouettes, les postures, parfois les détails, lorsqu’ils importent. C’est un récit assez symbolique au départ, qui se formalise de plus en plus, s’épaissit, s’obscurcit.

C’est un récit qui marque. On les reconnaît ces mômes, ces voisins, ces gens au loin, ces scènes qui se reproduisent avec cette universalité qui peut faire froid dans le dos.

L’auteur livre également un court et édifiant récit documentaire relatant la vie de la poétesse rom Bronislawa Wajs, dite Papusza, à travers sa rencontre avec l’essayiste Jerzy Ficowski.

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